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Pétrole, la Côte d’Ivoire entre dans le top 6 africain des producteurs en 2025

Mis à jour le 27 janvier 2026
Publié le 27/01/2026 à 12:50 , , , , , , ,

En 2025, les investissements dans le pétrole et le gaz en Afrique restent largement concentrés dans quelques pays. Mais un nouveau nom s’impose dans le paysage énergétique du continent : la Côte d’Ivoire.

 

Le pays figure désormais au 6ᵉ rang des principaux hubs africains d’investissement pétrolier en amont, selon une analyse de Africa Business Insider.

Une performance qui confirme le changement de dimension du secteur énergétique ivoirien.

Plus de 500 millions de dollars… soit plus de 300 milliards FCFA

Selon une analyse publiée, plusieurs pays africains ont attiré plus de 500 millions de dollars d’investissements upstream en 2025.

Dans le pétrole, le terme upstream désigne les activités de recherche et de production.

Autrement dit, il s’agit des investissements consacrés à chercher le pétrole et le gaz, puis à les extraire du sous-sol, avant leur transformation ou leur exportation.

À titre de repère, 500 millions de dollars représentent environ 300 milliards de FCFA.

Dans ce groupe figurent des pays déjà bien installés comme le Nigeria ou l’Angola, mais aussi des marchés en forte progression comme le Ghana, le Gabon… et désormais la Côte d’Ivoire.

Cette entrée dans le cercle des grands investisseurs marque un tournant pour l’économie ivoirienne.

Baleine et Calao, des découvertes qui changent tout

Si la Côte d’Ivoire attire autant l’attention, ce n’est pas un hasard.

Le pays bénéficie de découvertes pétrolières majeures, à commencer par le champ Baleine, identifié en 2021.

Ce gisement contient environ, d’une part 2,5 milliards de barils de pétrole. Et de l’autre, 3,3 trillions de pieds cubes de gaz naturel.

À cela s’ajoute la découverte du champ Calao, qui renforce le potentiel énergétique national. Aujourd’hui, la production a déjà démarré.

La phase 2 du projet Baleine est en cours, tandis que la phase 3 est en préparation.

Concrètement, cela signifie que les investissements ne sont plus théoriques : ils se traduisent déjà sur le terrain.

Des groupes internationaux déjà engagés

Plusieurs compagnies pétrolières internationales ont pris position en Côte d’Ivoire. Parmi elles, Eni (Italie), ou encore Vaalco Energy (États-Unis) et enfin Murphy Oil (États-Unis).

Ces entreprises investissent dans l’exploration, le développement des champs et les infrastructures nécessaires à la production.

Résultat, les flux financiers augmentent, tout comme les perspectives de recettes pour l’État.

Un cadre plus clair pour rassurer les investisseurs

Mais le sous-sol ne fait pas tout. La Côte d’Ivoire a aussi travaillé sur son environnement des affaires, en rendant les règles du jeu plus lisibles et plus attractives pour les investisseurs du secteur énergétique.

Dans cette logique, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a conduit en mars 2025 un roadshow aux États-Unis.

L’objectif est de présenter le potentiel pétrolier ivoirien et attirer de nouveaux partenaires.

Cette mission a permis à certains groupes de renforcer leurs engagements, tandis que d’autres, comme Petrobras, ont entamé des discussions pour acquérir de nouveaux blocs.

Une stratégie portée au sommet de l’État

Ces avancées s’inscrivent dans une vision politique. Le président Alassane Ouattara veut faire du secteur extractif un moteur durable de croissance économique.

Pour poursuivre cette dynamique, il a renouvelé sa confiance à Mamadou Sangafowa Coulibaly lors de la formation du nouveau gouvernement.

Parmi les réformes majeures figure la Politique intégrée des ressources minérales et de l’énergie (PIRME), adoptée en Conseil des ministres le 3 décembre dernier.

Cette politique vise à doubler la contribution du secteur mines-énergie au PIB, en la faisant passer de 7 % en 2022 à 14 % d’ici 2040.

Objectif affiché : 500 000 barils par jour

À moyen terme, la Côte d’Ivoire ambitionne une production de 500 000 barils de pétrole par jour à l’horizon 2035.

A LIRE AUSSI : Pétrole, bonne nouvelle pour le continent africain en 2026.

Un tel niveau placerait le pays parmi les cinq premiers producteurs africains, avec des retombées économiques importantes : recettes budgétaires, emplois, infrastructures et transfert de compétences.

Un signal fort pour l’économie ivoirienne

L’entrée de la Côte d’Ivoire dans le top 6 africain des hubs pétroliers en amont n’est pas qu’un classement.

C’est un signal adressé aux investisseurs, mais aussi aux citoyens : le pays change d’échelle énergétique.

Désormais, Abidjan ne se contente plus de suivre la dynamique régionale.

La capitale économique ivoirienne s’impose progressivement comme un acteur central de la nouvelle carte énergétique africaine.

Eirena Etté

 

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